Défense de la langue française

La langue française peut être déformée, malmenée, travestie, dévoyée, orientée, ceci dans les médias, au sein de l’institution scolaire, en politique. J’en donne ici quelques exemples.

L’affaire de « l’écriture inclusive ».

Seule la haine et le combat sont de mise face à cette menace subversive menée par une poignée de factieux et de séditieux, puis relayée par trois cent quatorze déserteurs de l’enseignement.
Lien vers un résumé de l’affaire : Analyse par le média russe RT

Exemples de mots de la langue française dénaturés ou travestis dans les médias.

Compliqué.

Adjectif utilisé actuellement abusivement à la place de « difficile ». Compliqué sous entend une certaine complexité de nature intellectuelle.
On entend souvent à France Inter, en provenance d’un certain « pet c’est de mobilité » (sic) qu’un itinéraire est « compliqué » parce qu’il est embouteillé. Erreur il est seulement difficile et anormalement long d’aller d’un point à un autre de cet itinéraire ».

Citoyen.

La dénaturation de ce mot s’est produite immédiatement après le premier tour de l’élection présidentielle de l’année 2002 (le 21 avril), on s’est alors même mis à l’utiliser comme adjectif, par exemple dans « comportement citoyen, attitude citoyenne ». Depuis cette époque on utilise souvent ce substantif pour désigner un ennemi du parti politique « le front national », et on l’utilise comme adjectif pour désigner une attitude, un comportement qui s’oppose à ce parti et qui essaie d’entraîner des personnes à en faire de même.

Un plateautélé.

Invention et jargon, il semble que cela désigne un groupe de personnes bavardant entre elles en présence d’une caméra de télévision. En tout cas le mot plateau montre que les utilisateurs de ce jargon se considèrent comme des patriciens en position dominante, dominatrice, conquérante, par rapport à la plèbe qui les regarde et les écoute, qui les subit en fait.

Zéro.

Dans une relation commerciale, toute expression comportant de manière explicite le mot zéro dissimule une escroquerie.
Exemples : « un prêt à taux zéro », ce qui signifie en bon français prêt sans intérêt, est une expression dissimulant une escroquerie basée sur la perception de frais et d’une « assurance », ce qui oblige au final l’emprunteur à rembourser plus que ce qu’il a emprunté.

Expressions grotesques

Au jour d’aujourd’hui.

Au lieu d’aujoud’hui ou de « ce jour ». Expression grotesque très prisée entre autres des responsables syndicaux ouvriers.

Exemples d’expressions dépourvues de tout sens.

Vrai faux ou faux vrai.

Association de deux adjectifs antonymes inventée à l’occasion de l’affaire des faux documents d’identité délivrés par la Direction de la Surveillance du Territoire Français (DST) à Yves Chalier , on a évoqué abondamment son « vrai faux passeport » ou son « faux vrai passeport ». Le tout n’a aucun sens et marque le mépris à l’égard de celui qui écoute cette expression. (Le lien ci-dessous évoque cette affaire Chalier).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Chalier

Fausse bonne idée.

Même remarque.

Inversion de la courbe du chômage (ou l’échec du Président Hollande).

Expression omniprésente dans les médias français et dans la bouche de certaines nombreuses personnalités politiques depuis mai 2012 (élection présidentielle française). Cela n’a aucun sens scientifique, cela n’a aucun sens tout court.
Une inversion au sens mathématique du terme est une transformation géométrique précise:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Inversion_(g%C3%A9om%C3%A9trie)
On peut ainsi transformer un cercle en une droite et réciproquement.
Une inversion dans le langage courant consiste à considérer à partir d’un nombre non nul son inverse tel que le produit des deux nombres soit égal à 1.
Donc il n’y a aucune inversion à invoquer quand on souhaite, tout simplement, diminuer le chômage.
Au final cette expression, (inventée par qui?), a été reprise et utilisée de manière servile par des milliers de personnes (dont aucune n’a eu le courage de la dénoncer) pendant tout un quinquennat, elle constituait une insulte au monde du travail, une insulte au monde de l’éducation, une insulte à la nation tout entière.
Tout cela est la première explication, l’explication majeure de l’échec de François Hollande et du fait qu’il ne se représente pas en 2017. Ce ne sont pas les chiffres du chômage qui sont en cause, c’est seulement cette expression.
Il l’admet implicitement dans ses vœux à la nation du 31 décembre 2016 lorsqu’il parle pour la première fois, enfin, mais beaucoup trop tard, de « faire baisser le chômage »:

Expressions travesties, déformées, biaisées.

Accompagner.

Mot travesti à partir des années 2015 par des banques, des « mutuelles », des compagnies d’assurance.
« Accompagner un client » signifie alors le tondre, le dépouiller à son insu, le tromper, le mépriser, lui faire signer un contrat comportant des « conditions générales » incompréhensibles par le contractant et rédigées de telle sorte que dans tous les cas de figure le « client » soit perdant sans aucune contrepartie.

Élément de réponse

Au lieu de « réponse ». Expression souvent utilisée pour annoncer une réplique qui n’est justement pas une réponse.

En amont.

Apparaît dans les années 2010 au lieu de « auparavant », ou « avant », ou « antérieurement » et conduit à des phrases parfois complètement incompréhensibles en l’absence de tout repère de date.

En creux.

Apparaît dans les années 2010 au lieu de « en filigrane » pour désigner une idée personnelle qu’on essaie de répandre et qu’on ne veut pas émettre ouvertement de manière claire.

Évoluer

Depuis 2012 ce verbe est employé systématiquement par des sociétés commerciales de manière masquée et anodine dans un document contractuel quelconque pour dissimuler une augmentation de tarif ou une dégradation de prestations.
Exemples: « les conditions générales d’utilisation vont évoluer à partir de … (date) », « le prix de votre abonnement va évoluer ».
Cette pratique est l’une des causes majeures de la dégradation des relations sociales en France depuis le début du vingt et unième siècle.

Frappe aérienne.

Au lieu de : bombardement destiné à détruire et à tuer tout ce qui ce trouve au mauvais endroit au mauvais moment…

Problématique.

Au lieu de « problème » tout simplement. Ce mot apparait le plus souvent dans un discours non dépourvu de vacuité.

Solution.

Mot travesti au début du vingt et unième siècle, par des commerçants voulant éviter le mot marchandise. Son usage par un vendeur masque systématiquement une faiblesse de sa part et ouvre la voie à l’escroquerie.

Transition écologique.

Expression dépourvue de sens qui a pour origine un lapsus, c’était « transition énergétique » qui était l’expression correcte au départ. Cette expression a été tellement galvaudée qu’elle est utilisée par des maires de grandes villes (qui montrent par là qu’ils ne savent même pas de quoi ils parlent), et même, encore plus fort, elle a été reprise au niveau gouvernemental pour qualifier les attributions de Nicolas Hulot, pantin dans les équipes gouvernementales françaises d’après mai 2017.

Un petit souci.

Mots souvent prononcés par un visage « fendu jusqu’aux oreilles » et faussement compatissant pour annoncer le pire: une maladie incurable, un appareil irréparable, un échec.

Virer en tête

Il s’agit du fait, pour un navire en compétition, de se présenter au niveau d’une bouée le premier avant un changement de cap, ou un virement de bord.
Expression abondamment utilisée à tort dans les médias lors des premiers tours des élections françaises à deux tours; celui qui l’utilise ne sait manifestement pas de quoi il parle, à tel point qu’il évoque parfois un « virage »…

Barbarismes.

« La con pile musicale » (France Inter, 17 novembre 2016, après 19 h).
« Un espèce » (France Inter, Patrick Buisson, 29 novembre 2016, après 8 h 40).

Solécismes.

« Le centre c’est comme le triangle des Bermudes, quand on y rentre on n’y sort pas » (France Inter, 28 novembre 2016, avant 8 h 30).
« Les températures passent sous
les zéro degré » (France Inter, Sébastien Leas, 30 novembre 2016 vers 19 h 20).

L’affaire de la « fête à Macron ».

Expression utilisée par des membres du parti de la France Insoumise en mai 2018. S’il s’agissait vraiment de susciter un mouvement d’hostilité dans le but d’une destitution ultérieure, eussent été plus correctes les expressions « faire sa fête au président Macron », « se faire la peau du président Macron », car faire la fête à une personne signifie l’accueillir avec empressement ou être très aimable avec cette personne.

Langue française et langue anglaise.

L’affaire de la candidature parisienne aux jeux olympiques de 2024.

Je recopie dans ce paragraphe un article paru dans le journal Le Monde le 17 février 2017.
Je m’associe à cette démarche et partage exactement le même point de vue.

http://www.lemonde.fr/sport/article/2017/02/17/jo-2024-des-associations-attaquent-le-slogan-en-anglais-de-paris_5081140_3242.html

Un collectif d’associations estime que le slogan « Made for sharing » enfreint la loi Toubon relative à l’utilisation de la langue française. Elles estiment que le slogan « Made for sharing » enfreint la loi Toubon de 1994, relative à l’utilisation de la langue française, ainsi que la charte olympique, a déclaré à l’AFP leur avocat Maître Emmanuel Ludot. Une mise en demeure préalable a été adressée mercredi 15 février 2017 au groupement d’intérêts économiques Paris 2024 et un référé en suspension sera déposé lundi 20 février 2017 au tribunal administratif de Paris, une fois reçu l’accusé de réception de la mise en demeure, a expliqué l’avocat. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a également été saisi cette semaine, a-t-il ajouté.
Pour ce collectif d’« associations de défense de la langue française », ce slogan ainsi que la cérémonie de lancement « intégralement en anglais » constituent « une insulte caractérisée à la langue française », selon leur lettre de mise en demeure.
Pour Me Ludot, ce choix d’un slogan officiel en anglais (la traduction française, « Venez partager », n’apparaissant pas dans la communication officielle) enfreint plusieurs articles de la loi Toubon, et notamment l’article 14, selon lequel « l’emploi d’une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d’une expression ou d’un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public dès lors qu’il existe une expression ou un terme français de même sens ». Il cite également la charte olympique, selon laquelle « le français est la première langue de l’olympisme » , et langue officielle du Comité international olympique (CIO), au même titre que l’anglais.

Le collectif rassemble notamment Francophonie avenir (AFRAV), l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, l’Union nationale des écrivains de France ou encore le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique.

« Evidemment, je trouve que ce slogan est une faute, une ânerie », a commenté vendredi le journaliste et président de l’académie Goncourt, Bernard Pivot, sur RTL, désolé que « Paris, capitale de la francophonie fasse la courbette devant la langue qui n’est pas seulement celle de Shakespeare, mais celle du président Donald Trump».

Jeudi 16 février, l’Académie française avait déjà exprimé « sa réprobation » et souligné que ce slogan avait « déjà été utilisé lors de campagnes publicitaires » notamment pour des pizzas à découper.

La maison de Tignes.

J’ai écrit le 23 décembre 2009 au maire de Tignes pour lui demander de faire retirer l’immense banderole écrite en anglais qui ornait à l’époque la façade sud « de la maison de Tignes », à Tignes le lac, ce qu’il a fait. Il voulait ouvrir la station de Tignes vers la clientèle internationale, ce qui a d’ailleurs été fait avec succès, point n’est besoin pour cela d’une inscription qui souille le paysage.